Blackout

Calliopé

Nikola Tesla David BowieDe tous les personnages que David Bowie a habité de son génie créatif sans limite, tour à tour démiurge de ses propres délires rock et créature cinématographique, de Ziggy Stardust  à Thin White Duke, de Major Tom au Major Jack Celliers de Furyo, de l’Homme qui venait d’ailleurs à l’Homme qui vendit le monde, il en est un qui occupe une place à part dans l’imaginaire steampunk et qui restera dans les cœurs de tous les steamers: Nikola Tesla, porté pour la première fois à l’écran dans « le Prestige » de Christopher Nolan.

Qui d’autre qu’un génie du rock pour incarner le génie du volt?

Un champ d’ampoules géantes plantées dans la neige, une apparition christique sur fond d’étincelles, Bowie-Tesla soigne sa mise en scène, maîtrise le détail, floute les limites entre vidéoclip et cinéma. Bowie devient Tesla sans que jamais Bowie ne s’efface tout à fait. Vouloir changer le monde, passer pour un visionnaire, être copié, bafoué, panser ses plaies, se retirer loin pour créer, Bowie connait. Ce qui donne sans doute toute sa profondeur à son jeu d’acteur. Un dernier rôle de composition pour le chanteur, qui ne l’est peut-être pas tant que ça, tant aujourd’hui, à réécouter le dialogue entre Tesla et le magicien Robert Angier, incarné par Hugh Jackman, on ne peut s’empêcher de voir des parallèles prophétiques.

« La première fois que l’on veut changer le monde, on vous traite de visionnaire, la seconde fois on vous conseille de vous retirer. Je profite de ma retraite » dit Tesla-Bowie. En 2006, date de sortie du film, Bowie est lui-même en semi retraite après avoir révolutionné la face du rock, une pause de dix ans dont il ne sortira qu’en 2013.

« Faut-il vouloir saisir plus que l’on ne peut étreindre? » demande Tesla. « Je sais reconnaître une obsession, je suis leur esclave, un jour elles me détruiront ». L’obsession de Bowie était le rock, always, jusqu’à la dernière étincelle.


* Blackout est une chanson tirée de l’album Heroes (1977)
https://www.youtube.com/watch?v=KqqOVqjxs6Y 

The following two tabs change content below.
Des chroniques sur les univers steampunk d'un point de vue féminin et féministe, pour aborder la place de la femme dans l'imaginaire steampunk, son évolution, ses inspirations littéraires. Auteure sous son vrai nom Cendrine Nougué de la série young adult la guilde des Merlins chez Aconitum

Commenter sur Facebook