Découvrez l’horloge mécanique la plus cool du monde!

Anne Delauney-Ladevèze

Tohoku University of Art and DesigTout horlogophile devrait être impressionné par Suzuki Kango, étudiant en art et design de l’Université de Tohoku, et notamment par son hallucinante horloge mécanique dont il a façonné à la main les pièces de bois. Comprenant plus de 400 pièces, le projet d’exposition de la thèse de Suzuki dispose de 4 aiguilles inscrivant l’heure de manière mécanique sur un tableau magnétique sur une base de 24 heures. Il s’agit bien d’une oeuvre d’art!

En regardant la vidéo qu’il a postée sur Twitter et qui est devenue virale, vous pourrez observer un engin mécanique compliqué comptant le temps qui passe, figurant 06:19 grossièrement griffonné sur un tableau blanc au centre. Après quelques secondes de visionnage, la structure entière s’anime, le tableau blanc est effacé et les bras mécaniques griffonnent l’heure : 06:20. Avec la plus grande des probabilités, vous rejouez la vidéo pour revoir l’horloge s’animer de nouveau… Parce qu’il faut l’avouer, c’est vraiment impressionnant!

Suzuki Kango a 22 ans, il est étudiant de 3ème cycle en design de produit et habite Zao City, dans la Préfecture de Miyagi au Japon, proche de Yamagata City, où se trouve l’Université. Après avoir posté sur Twitter une vidéo de 16 seconde présentant son horloge finalisée en action il y a quelques jours, son projet en est arrivé à être présenté dans les médias locaux et même nationaux, affirmant qu’il était un génie. Cette vidéo a été largement partagée sur Internet, la vidéo compte actuellement près de 180000 retweets et 220000 likes. Suzuki a affirmé qu’il n’avait fait que poster sa vidéo et les images de son travail pour montrer son travail à ses amis, et il a été vraiment très surpris par l’immense vague de notoriété que son travail a provoqué.


PLock, c’est le nom du projet, un mot-valise issu des mots anglais « plot » (décrivant l’action de marquer ou de dessiner) et « clock » – l’horloge – il y réfère aussi comme « Kakitokei » ou « horloge écrivante » en japonais. Le mécanisme consiste en deux parties : la partie horloge à proprement dit, et la partie dédiée à l’écriture du temps. Ces deux parties sont mises en mouvement par des poids pendants. Les deux parties sont isolées l’une de l’autre jusqu’au moment d’écrire le temps alors que les minutes passent, le mécanisme actionnant les bras programmés pour écrire les chiffres. Le concepteur a déclaré à Yamagata News Online que son oeuvre est encore incomplète et demeure encore en phase d’ajustements finaux pour que les engrenages s’actionnent doucement et sans a-coups. Une fois qu’elle est mise en action, les poids de l’horloge remontés comme il se doit, l’horloge est autonome pendant 2 heures. On ne sait pas si l’horloge est précise ou pas, mais ce n’est gênant quand on regarde cette sculpture ingénieuse!

Suzuki est parti d’un constat « qu’il est aisé pour un humain d’écrire, mais qu’en est il pour une machine? Exprimer le temps en écrivant les chiffres donnerait une dimension différente et inédite du temps perçu. » La structure complète du « Plock » de Suzuki mesure 508cm de haut par 60cm de large et 20cm de profondeur, mais il est aisé de se représenter les proportions de l’horloge d’après les photos de son créateur posant à côté.

Crédit image : Natukusa.comDans une interview que Suzuki a accordée à Natukusa, la « visibilité », la possibilité de voir toutes les parties en mouvement, faisait partie du concept de départ. Il a déclaré avoir été inspiré par les automates qui pouvaient écrire, comme l’Ecrivain par Jaquet Droz. « Je me suis dit que ça serait vraiment bien si un automate pouvait écrire le temps? »

On lui a demandé quelle partie du projet était la plus délicate. Il a donné des éléments de réponse dans plusieurs interviews. D’une part il y a eu le défi d’éliminer la friction entre les cames et les bras. Mais fabriquer chacune des 407 pièces et les faire fonctionner correctement ensemble est un défi en lui même! Le concept est né en Avril 2015 et Suzuki a peaufiné le prototype jusqu’en Août pour en dessiner les structures, puis jusqu’en Octobre pour créer le design et les plans. Après il a passé toutes ses journées (sauf le dimanche) à travailler de 8:00 à 21:00 à l’aide d’une scie à chantourner et de papier de verre pour fabriquer à la main à partir de contreplaqué toutes les pièces. Un travail de dingue!

Suzuki ajoute que son professeur ne comprenait pas son idée de départ, jusqu’à ce qu’il fasse un croquis du mécanisme sur le papier. Bien qu’il ait utilisé un logiciel pour le design, la simulation des parties de l’horloge s’est faite principalement dans son esprit. Et voir son projet prendre forme a vraiment été le moteur de sa motivation. Si le mouvement différait de son image mentale, ou s’il y avait une interférence entre deux pièces, il retournait à peaufiner le design et continuait son projet basé sur des essai. C’était sans compter sur la tendance du boit à se plier!

D’après Suzuki, il ne dispose d’aucun plan pour commercialiser sa création, d’autant qu’il s’agit encore d’un prototype. Ceci étant, les pièces sont solides et on pourrait envisager une production de masse. Il a choisi de réaliser son horloge en bois en raison de sa nature facile à travailler pour un prix modique, mais en raison des propriétés du matériau, il n’a pas pu se permettre de réaliser de grandes pièces. Si l’horloge était en métal, elle pourrait être de plus petite taille. Mais on est pas contre sa taille actuelle!

Le jeune diplômé a pour projet de travailler en tant qu’ingénieur CAD (design assisté par ordinateur) à Tokyo à partir d’Avril 2016. Suzuki a avoué avoir été motivé par son désir de surprendre les gens, et il est convaincu avoir parfaitement réussi! Alors que le design assisté par ordinateur (CAD) est utilisé pour la conception d’un nombre très grand d’objets, ses talents ne seraient pas sous exploités dans l’industrie des montres de luxe, mais quelque soit sa carrière, on espère vraiment pouvoir contempler ses créations futures! Pour l’heure, l’horloge « Plock » a été exposée jusqu’au 14 février 2016 à l’Université d’Art et de Design de Tohoku dans le cadre de l’exposition des projets de fin d’étude. Une exposition est en préparation pour pouvoir admirer cette création au Metropolitan Art Museum de Tokyo.

Source : Ablogtowatch


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Anne Delauney-Ladevèze

Fondatrice des Aperisteams chez French Steampunk
Passionnée de Steampunk, des technologies 2.0, j'ai fondé les Apéristeams et anime l'Apéristeam Parisien. A mes heures perdues je donne un coup de main à l'équipe éditoriale pour l'édition de certains articles 🙂

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