Larispem, le steampunk jeunesse de Lucie Pierrat-Pajot

Calliopé

Bonjour veaux, vaches, cochons, couvées… et autres taureaux.

Les garçons bouchers ont pris Paris et ça va saigner !

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Si tous les contes de fées commencent par «  il était une fois »,  toutes les uchronies nous questionnent sur « et si ? ».

À Larispem, on a déjà mis Paris en bouteille : isolée du reste de la France et proclamée territoire indépendant par les vainqueurs de la Seconde révolution de 1871, la capitale est devenue un paradis égalitaire – un brin dystopique – véritable fantasme de révolutionnaires. Les Communards ont maîtrisé les affrontements de la Semaine sanglante de mai 1871 et sont désormais régis par  les Bouchers, les Louchébems, qui sont devenus la plus haute caste de la société.

À Larispem tout est donc devenu une question de sang. Littéralement. Celui des animaux menés à l’abattoir, coulant à flot, quand la découpe de la viande prend des allures d’œuvre d’art, celui des aristos, exilés pour sauver leur tête, celui magique et inquiétant des Frères de Sang et de leurs enfants, une société secrète semblant poursuivre une sombre malédiction.

Car le sang n’oublie jamais. Et les ennemis du jeune et nouveau régime attendent leur heure pour revenir et se venger.

Carmine, l’apprentie louchébem, Liberté, la mécanicienne capable de réparer n’importe quel automate, et Nathanaël l’orphelin, sont trois adolescents, trois purs produits de ce nouvel âge d’or de tous les possibles. L’une appartient à la nouvelle méritocratie du sang, les deux autres découvriront leur vrai don et leur destin.

Dans une France où le XIXème siècle poursuit son cours historique, Larispem voit se développer de nouvelles technologies inconnues ailleurs, à base de trams aériens, de voxomatons et de vapomobiles ; Jules Verne est un héros national reclus en haut de sa tour de 20 étages, sommé par le peuple d’inventer le futur.

Lucie Pierrat-Pajot invente un steampunk français réjouissant, prélevant par-ci quelques engrenages indispensables, de-là quelques références littéraires et emballant le tout dans un esprit créatif et rafraîchissant. Son steam ne ressemble à aucun autre et constitue une initiation idéale au genre pour les jeunes lecteurs.

Après Christelle Davos et sa passe-miroir des Fiancés de l’hiver, les éditions Gallimard ouvrent décidément la porte au renouveau du steampunk français pour la jeunesse. Grâce avec ces deux gagnantes du concours du premier Roman Jeunesse, l’on ne peut que se réjouir de voir que le genre attire et séduit de nouveaux auteurs.

Bon sang ne saurait mentir !



Afficher l'image d'origineLucie Pierrat-Pajot est née en 1986 à Nevers. Elle grandit dans la campagne bourguignonne, entre champs et forêts. Pour s’occuper, elle aime grimper aux arbres et vivre des aventures imaginaires en compagnie de sa soeur. La vie quotidienne lui semblant quelque peu étriquée, elle tombe très tôt dans l’addiction à la lecture afin de combler son appétit pour les voyages immobiles. Elle fait plusieurs détours dans diverses régions de France avant de s’installer dans l’Yonne avec son mari et sa fille, où elle travaille actuellement comme professeur-documentaliste dans un collège. Après avoir tenté sa chance lors de la première édition du concours, elle décide de participer à nouveau avec «Les Mystères de Larispem». Grande lauréate parmi les trois finalistes, Lucie Pierrat-Pajot écrit actuellement la suite des aventures de Liberté, Carmine et Nathanaël.



Larispem, tome 1: Le sang jamais n’oublie – aux éditions Gallimard.


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Des chroniques sur les univers steampunk d'un point de vue féminin et féministe, pour aborder la place de la femme dans l'imaginaire steampunk, son évolution, ses inspirations littéraires. Auteure sous son vrai nom Cendrine Nougué de la série young adult la guilde des Merlins chez Aconitum

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