Wika et la fureur du dessin

Calliopé

 « Il était une fois, au royaume des elfes, une fée, Titania, qui avait épousé le duc Grimm. Leur amour avait été béni par la naissance de Wika. Hélas, le prince Obéron, ancien amant de Titania, ne s’est pas remis de leur rupture. Et malgré son union avec la louve Rowena et la venue au monde de leurs sept enfants, sa haine et sa jalousie obsessionnelles le dévorent. Ses armées encerclent CastelGrimm. Vainqueur, il exécute son rival et torture à mort son ex-amante. La fillette, promise aux crocs de Rowena, est sauvée par un fidèle faune. Ses ailes arrachées et leur marque magique remplacée par un étrange tatouage mouvant, elle est cachée au milieu du bas peuple, jusqu’à ce qu’elle atteigne l’âge de la vendetta. »







Chaque univers fantastique a droit un jour ou l’autre à sa réinterprétation steampunk. Après les univers brumeux des pères fondateurs de la littérature du XIXème, Doyle, Lovecraft et autres Wells, voici venir le fantasme absolu : réinterpréter la féerie, de la tradition celtique en passant par Shakespeare himself jusqu’aux maîtres du conte de fées. On en a avait rêvé,  Thomas Day et Olivier Ledroit l’ont fait.

La fée Titania, qui ne sera jamais reine, est l’épouse du duc Grimm. De ce mariage est née Wika, l’héroïne de la série. Mais le véritable mariage de la série est celui des légendes antiques du Petit Peuple, à peine effleuré chez Shakespeare, avec celui des contes de fées. Titania et Grimm, l’alpha et l’oméga de la féerie. Le pari est audacieux et merveilleusement réussi, truffé de références    pointues aux œuvres du genre.

Wika incarne ce mélange, du bout de ses ailes tronquées jusqu’à la pointe du moindre de ses tatouages. Car Wika est une héroïne contrariée, comme toute héroïne qui se respecte, affublée d’un destin tragique qui prend racine dans la perte de ses origines et de ses ailes de fée. Cette cruelle ablation de ses ailes, destinée à la camoufler parmi les humains, est une absolue métaphore de la mort de l’Ancien monde magique et superstitieux face à la cruauté froide du Nouveau monde qui s’annonce. Technologique, scientifique, peuplé de savants fous et d’inventions démoniaques, ce Nouveau Monde incarne toutes les déviances du steampunk. Menée par Obéron le frère incestueux de Titania, cette guerre contre les fées contraindra Wika à fuir et finalement embrasser sa destinée.

La saga reprend la thématique de l’asservissement des peuples et de leurs croyances, de l’affrontement de la magie et de la technologie, dans une réécriture puissante et incroyablement servie par les pinceaux enchantés de Ledroit.

Comment décrire la beauté irréelle de ses fées qui allient grâce victorienne et force élisabéthaine ?  Chaque planche est un hymne d’amour, un puissant passage vers le Sidh, un air entêtant qui nous force à danser dans la ronde des fées, incapables de refermer ces grimoires enchantés.

La fée steampunk est incarnée, elle porte le visage de Wika.

Deux tomes déjà disponibles :

1. Wika et la fureur d’Obéron

2 . Wika et les Fées noires



   

 

The following two tabs change content below.
Des chroniques sur les univers steampunk d'un point de vue féminin et féministe, pour aborder la place de la femme dans l'imaginaire steampunk, son évolution, ses inspirations littéraires. Auteure sous son vrai nom Cendrine Nougué de la série young adult la guilde des Merlins chez Aconitum

Derniers articles parCalliopé (voir tous)

Commenter sur Facebook