Petit précis de l’origine du haut de forme et des voilettes chez les vaporistes.

Miss Chatterton

Haut de forme, bibi à voilette, melon ou casquette d’aviateur, … le chapeau est l’élément primordial qui termine une tenue steampunk.

Souvent influencé par la mode du chapeau de la période victorienne, le chapeau steampunk sait se réinventer au fil des inspirations, agrémenté ou non de goggles, rouages et autres petits éléments de customisation…mais pas que !

Nous vous proposons à travers cet article de faire un petit tour d’horizon des chapeaux que l’on retrouve souvent dans la mode steampunk, ainsi que leurs origines historiques avant leur entrée dans le mouvement.

 

  • Le haut de forme

    Haut de forme gris de la Chapellerie Traclet

C’est LE chapeau qui est le plus souvent rencontré dans une tenue steampunk, tellement qu’il en est presque devenu cliché.

Saviez-vous qu’il n’y avait pas un mais plusieurs hauts de forme à la fin du XIXème siècle? Comme le montre l’illustration suivante, il était possible de trouver un haut de forme de plusieurs hauteurs, couleurs, en feutre ou recouverts de soie, mais aussi des « claques » ou gibus qui pouvaient se refermer en appuyant dessus grâce à un système de ressorts, rendant ainsi leur rangement plus facile. La plupart étaient portés par les messieurs pour toutes occasions : tous les jours, soirée, etc…

A l’origine, le haut de forme était l’apanage de l’homme bourgeois au XIXème siècle, symbolisant respectabilité, richesse et rang social élevé. Il était porté avec une redingote ou un habit et fait paraître l’homme plus grand. 

Il fut inventé par les gentilshommes de la campagne pour monter  cheval. Un lacet permettait de tenir en place le chapeau solidement.

Avec le mouvement steampunk, le haut de forme devient emblématique, une sorte de symbole de reconnaissance.

Souvent associé à des goggles, on peut aussi le trouver customisé selon le personnage représenté.

En effet, beaucoup de vaporistes aiment l’agrémenter de petits accessoires en lien avec leur personnage. On retrouvera principalement des cartouchières en guise de ruban, dans lesquelles seront insérées des fioles en verre ou encore des cartes à jouer glissées dans le ruban.

Certains aiment coller des rouages ou des aiguilles sur leur haut de forme, d’autres jouent sur la couleur des rubans.

Les modèles de haut de forme les plus rencontrés sont celui dit du chapelier fou, mais aussi le modèle tuyau de poêle (plus bas).  Le feutre est la matière la plus rencontrée, mais on trouve aussi des chapeaux fabriqués totalement en cuir ou avec des incrustations de métal.

Mais la principale  évolution vis à vis du XIXème siècle,  est que les femmes comme les hommes portent des hauts de forme. Les hauts de forme sont même parfois miniaturisés pour apporter une touche féminine.

  • Le mini-chapeau

    Mini-chapeau le lapin blanc par Little Miss Hattitude

Plutôt féminin que masculin, le mini-chapeau revêt diverses formes. Il peut être un haut de forme, un tricorne, un canotier…mais toujours miniaturisé.

Maintenu par une pince, un élastique ou un serre-tête dans la chevelure de sa propriétaire, il donne un petit effet suspendu et léger. Bien utile pour alléger une tenue plutôt chargée en décorations.

Cependant, plusieurs écueils sont à éviter :

  • le côté « posé là » tel une grosse meringue sur la tête.
  • les chapeaux de mauvaise facture.  Soit les matières utilisées sont très bon marché ce qui lui confère un côté « acheté à la va-vite », soit il a tendance à glisser car l’attache est mal cousue ou collée ce qui s’avère agaçant si l’on doit le porter toute la journée.
  • Le mini-chapeau mal assorti à la tenue de part sa couleur ou sa forme.

Dans ces cas là, autant ne rien mettre du tout ou s’orienter sur un bibi ou un autre type de chapeau.

Bibi par Lady Cataclysm

  • Le bibi

A la différence du mini-chapeau, le bibi n’est pas un chapeau ordinaire miniaturisé mais un chapeau à part entière.

Le bibi est vers 1830 un type de capote nouée sous le menton. Ensuite, il désigne tous les petits chapeaux portés sur un chignon. Puis il désigne dans les années 1970 un petit chapeau féminin sans bord, puis par extension, tout chapeau de dame.

Les bibis actuels ont une pince ou un peigne comme système d’attache, voire un serre-tête.

Il peut posséder une voilette, ce qui donne un côté mystérieux et sexy à sa propriétaire.

Plutôt victorien que Steampunk, il peut s’agrémenter de plumes ou de rubans, être en feutre, en sisal ou en paille…

A proscrire sur les cheveux très courts cependant pour éviter l’effet meringue sur la tête mais aussi parce que le système d’attache s’y prête moins.

  • La coiffe

    Coiffe Art Nouveau par Alphonse Mucha. Détail d’illustration

Le meilleur exemple est celui des coiffes Art Nouveau d’Alphonse Mucha. Peu de vaporistes en portent mais l’objet vaut le détour tant il peut vraiment habiller une tenue.

Porté sur des cheveux longs ou sur un chignon, la coiffe s’agrémente de perles le plus souvent et se pose directement sur la tête avec un système de sangles.

Lady Chapillon de Steampunk.fr en a réalisé une à partir de cuir, d’un ancien cadran d’horloges et de baromètre, ainsi que des perles et chaines pour son costume de fée verte (cf photo).

Certaines coiffes dévient parfois vers le style Tribal Fusion ou tribal steampunk. D’autres sont complètement fantaisistes et empruntent aux mondes fantastiques.

  • Les chapeaux militaires.

    Casquette militaire customisée par le vaporiste Nicolas Meunier. Photo par Sandrine Scheppes.

Il en existe plusieurs sortes : le képi, le béret, la casquette, le calot, le casque

Souvent déterminés par la période ou le pays représenté, ils s’associent à une tenue militaire voire un kilt, avec ou sans goggles, parfois sans customisation car ils se suffisent à eux-mêmes.

On voit souvent le casque colonial beige circuler chez les vaporistes. Pour la petite histoire, ce casque, de son vrai nom salacot, était un signe de reconnaissance des empires coloniaux européens au XIXème siècle. Il comporte des trous de ventilation et est conçu le plus souvent  à partir de liège ou de moelle (matière végétale) recouvert de tissu blanc. Le casque à pointe issu de la guerre franco-prussienne de 1870 a pu avoir une influence sur sa conception.

Ce type de casque donne un petit côté explorateur à une tenue steampunk, féminine comme masculine, du fait de ses connotations historiques.

  • Le chapeau melon

    Chapeau melon en feutre noir par la chapellerie Traclet

D’origine incertaine, le chapeau melon dans sa forme actuelle en feutre renforcé est une invention anglaise datant du XIXème siècle, à destination des travailleurs de force, ouvriers et paysans. Il fut conçu afin de remplacer leurs chapeaux mous qui ne résistaient pas à certaines activités rurales. Il devint par la suite, accompagné d’un costume trois pièces  et d’une moustache, le symbole de la respectabilité.

Pour la petite anecdote, e chapeau melon était plus  porté que le chapeau de cowboy aux Etats-unis entre le XIXème et le XXème siècle, contrairement aux idées reçues.

Dans le mouvement steampunk, il n’est pas rare de croiser des chapeaux melons pour des tenues d’homme de main, de voyou, ou pour apporter une touche d’élégance à une tenue trop simple ou trop canaille.

Le melon est le deuxième chapeau le plus vu avec le haut de forme. Comme son homologue, il est souvent agrémenté de goggles,  de rouages et de mécanismes d’horloges, de rubans, de cartouchières…

  • Le tricorne

    Tricorne par Lady Cataclysm

Très en vogue au XVIIIème siècle, il apparaît en 1690 pour un usage militaire. Les unités de cavaleries durant la Glorieuse révolution anglaise décident de relever les bords de leurs chapeaux pour une meilleure visibilité pendant leurs chevauchées. Il devient ensuite très populaire dans le domaine militaire et civil. Il sera par la suite abandonné par les militaires au profit d’un autre chapeau et par les civils à cause de la mode des perruques, rendant difficile son maintient sur la tête.

Dans le mouvement steampunk, le tricorne est souvent associé aux pirates. Nouvelle tendance, hors période victorienne, on suppose que l’attrait pour la piraterie steampunk proviendrait du film Pirates des Caraibes, mais aussi du côté rebelle du personnage ce qui rendrai sa présence légitime dans  le mouvement.

Le tricorne steampunk est donc souvent associé à une tenue de pirate steampunk. Composé de feutre ou de cuir, il est agrémenté de plumes, de rubans, voire de rouages. Camel, marron, noir voire rouge, il peut être porté par les femmes comme les hommes.

  • La casquette de voyou ou de machiniste

    Casquette et tenue par Historical Emporium

En vogue au XIXème siècle pour le uniformes de travail, elle est surtout portée par les hommes de la classe ouvrière (chauffeur, portier, concierge, gardes de sécurité, chef de train). Elle sera ensuite associée aux uniformes étudiants puis dans les rangs militaires du fait de sa légèreté et de son confort, avec ou sans visière, le plus souvent sans oreilles.

La plus célèbre des casquettes avec oreilles est celles de Sherlock Holmes : la deerstalker, un chapeau anglais qui se porte à la campagne.

On retrouve la casquette dans le mouvement steampunk pour les costumes de mécanicien, de machiniste, ou de voyou. Vissée sur la tête ou posée sur le côté, elle s’agrémente comme le melon ou le haut de forme, de goggles.

Elle est en laine, tweed, coton ou en cuir, souvent marron, camel ou noire, voire dans un tissu à carreaux.

Celle de Sherlock est aussi présente et le plus souvent peu customisée. 

On peut aussi trouver des variantes militaires dans les casquettes d’officiers à clous ou encore la casquette gavroche.

  • Le chapeau de dame

    Chapeau Downtown par Esprit de Mélusine. Photo par CAW Photos

Pour les femmes, sortir sans chapeau est inconcevable à la Belle Epoque. De nombreux chapeaux féminins existent pour diverses occasions  : chapeaux de paille pour une sortie à la campagne, chapeau de feutre pour le quotidien…

Les belle élégantes portaient des chapeaux chargés de fleurs artificielles, de rubans, de plumes de faux fruits.

On retrouve ce genre de chapeaux dans les tenues féminines, plus victoriennes que steampunk Les faux-fruits et fleurs ont été remplacés par des assemblages de rouages et de cadrans de montres anciennes, des broderies ou des plumes tout simplement.

Les matières récurrentes de fabrication sont le sisal, la paille ou le feutre. Les chapeaux sont le plus souvent assortis aux tenues avec des couleurs telles que le vert, le bleu, le cuivré, le noir.

  • Le chapeau de cowboy

    Le vaporiste Tithann Thanh en tenue d’inquisiteur

Bien que le chapeau melon ait été historiquement plus en vogue que le chapeau de Cowboy aux Etats-Unis, le chapeau de cowboy reste un symbole américain largement répandu.

Il tire son origine actuelle de l’invention de John Batterson Stetson, fondateur de la John B. Stetson compagny en 1860. Léger, imperméable et résistant, il était conçu pour transporter de l’eau, attiser le feu et surtout protéger du soleil et de la pluie. Du nom de son inventeur fut baptisé le chapeau de cowboy actuel appelé avant « the boss of the plain ». Le cinéma et les western contribuèrent à son succès par la suite.

Dans le Steampunk, ce chapeau a été popularisé par la série américaine steampunk « Wild Wild West » (en français : « les mystères de l’Ouest »). Tous les ans depuis 2011, a d’ailleurs lieu aux Etats-Unis un grand rassemblement steampunk cowboy appelé le Wild Wild West Comicon.

Les chapeaux de cowboy steampunk accompagnent le plus souvent une tenue de mercenaire ou de chasseur de primes, voire d’inquisiteur. On peut les trouver en cuir ou en feutre. Ils sont plus ou moins customisés. Comme les chapeaux militaires, ils se suffisent à eux-mêmes.

  • Charles Lindbergh. Photo issue du Minnesota Historical Society Photo

    Le casque d’aviateur ou d’automobiliste

D’origine incertaine, le casque d’aviateur était utilisé aux débuts de l’aviation motorisée, début du XXème siècle avec des lunettes enveloppantes afin de protéger le pilote du vent et des intempéries. Les avions ne disposaient pas à ce moment là, d’une cabine de pilotage fermée. 

Le casque était généralement en cuir et rembourré à l’intérieur pour protéger un peu des chocs. Par extension, ce chapeau est devenu aussi un accessoire utile aux conducteurs de voiture de course aux débuts des courses automobiles puis est tombé dans l’usage civil. Les automobiles, comme les avions n’ayant pas de toit.

Une icône de la littérature populaire portant un casque d’aviateur est Antoine de Saint-Exupéry, auteur du Petit Prince et aviateur français. Un autre aviateur mais américain, Charles Lindbergh est célèbre pour être le premier à avoir traversé par avion l’océan Atlantique. Il portait comme Saint-Exupéry, le fameux casque en cuir.

Dans le steampunk, la figure de l’aviateur prend sens de part son origine historique (période Belle-Epoque et plus) mais aussi par la figure de l’explorateur et du machiniste assez présents dans le mouvement. Les machines volantes ont toujours eu besoin d’un pilote…et du costume qui va avec ! 

Ce petit tour des chapeaux steampunk est maintenant terminé. Bien sûr d’autres chapeaux existent, nous avons dressé ici un panorama non exhaustif, libre à vous de le compléter dans vos commentaires ou d’apporter des précisions.

Retrouvez dans un prochain article, des boutiques et des créateurs afin de trouver VOTRE chapeau. Parce que parler de chapeaux, c’est bien, mais en avoir un, c’est mieux !

Pour la réalisation de cet article, nous tenons à remercier tous les créateurs et les vaporistes qui ont prêté gracieusement des photographies de leurs customisations personnelles : Emrys, Nicolas Meunier, Tithann Thanh et Lady Chapillon, mais aussi Lady Cataclysm, Ladee Gram R., Little Miss Hattitude, Esprit de Mélusine, Kenaz, Freaky Boutique, etc…
 
 

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Grande fan de Sherlock Holmes et des chats, j'aime chiner et débusquer sur la toile des idées déco, mode et des livres intéressants pour mettre du Steam dans votre quotidien.

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