Gugusse et l’automate : le film perdu de Georges Méliès ressuscité

Gugusse et l'automate - Georges Méliès

Un trésor disparu de Méliès refait surface

Georges Melies

On croyait Gugusse et l’automate volatilisé dans les limbes du cinéma muet. Pourtant, ce court-métrage de Georges Méliès, tourné en 1897 et disparu depuis plus d’un siècle, vient de réapparaître là où personne ne l’attendait : dans les archives de la Bibliothèque du Congrès américain. Mise en ligne il y a quelques jours, cette séquence de moins d’une minute bouleverse autant les historiens du cinéma que les amoureux des premiers trucages.

Car il ne s’agit pas d’un simple fragment : Gugusse et l’automate est une pièce manquante de l’œuvre de Méliès, un chaînon rare dans l’histoire du cinéma fantastique.

Comment Gugusse et l’automate a été retrouvé

L’histoire ressemble à un scénario écrit par Méliès lui-même. En 2025, les archivistes de la Bibliothèque du Congrès reçoivent plusieurs bobines nitrate anciennes provenant de la famille de William Delisle Frisbee, un projectionniste itinérant américain de la fin du XIXe siècle.

Pendant l’inspection, une bobine très dégradée attire leur attention. Malgré son état fragile, les restaurateurs identifient un détail décisif : l’étoile noire emblématique de Star Film, la société fondée par Méliès. Après comparaison avec les catalogues d’époque, le verdict tombe : il s’agit bien de Gugusse et l’automate, film considéré comme perdu depuis des décennies.

Cette découverte est exceptionnelle. Sur les centaines de films réalisés par Méliès, une large part demeure introuvable ou détruite.

Dans Gugusse et l’automate, Méliès inventait déjà le robot-cinéma

Le film montre Georges Méliès lui-même face à un automate habillé en Pierrot. La machine prend vie, échappe à son contrôle, puis se rebelle contre son créateur dans une scène burlesque et mécanique.

Ainsi, Gugusse et l’automate apparaît aujourd’hui comme l’une des toutes premières représentations d’un humanoïde artificiel au cinéma. Bien avant les robots expressionnistes ou la science-fiction moderne, Méliès imaginait déjà la machine animée comme source de trouble et de comédie.

Pourquoi cette redécouverte est capitale

Retrouver Gugusse et l’automate, ce n’est pas seulement enrichir la filmographie de Méliès. C’est rouvrir une fenêtre sur les débuts du cinéma, à une époque où chaque film relevait encore du tour de magie.

De plus, cette résurrection rappelle combien le patrimoine cinématographique reste fragile. Une bobine oubliée dans une collection privée peut encore bouleverser notre compréhension de l’histoire du septième art.

Le charme intact d’un cinéma qui défie le temps

En moins d’une minute, Gugusse et l’automate concentre tout ce qui fait la grandeur de Méliès : invention visuelle, humour mécanique, goût de l’illusion. Et surtout, il rappelle que le cinéma ancien n’a rien d’un musée figé : il continue de produire des apparitions, des surprises, des revenances.

Cent vingt-huit ans après son tournage, ce petit automate ressurgit comme un message envoyé depuis l’origine même du rêve cinématographique.

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Président d'honneur et co-fondateur de l'association French Steampunk