L’Équipée du siècle : une bande dessinée steampunk entre vitesse et utopie mécanique

L'équipée du siècle - Atil - Sordet - Couv

Une bande dessinée steampunk portée par une vision du futur

L’Équipée du siècle aux Editions Drakoo s’impose rapidement comme une bande dessinée steampunk ambitieuse. Dès l’ouverture, le ton est clair : ici, l’avenir ne se subit pas, il se conquiert. L’automobile devient alors le symbole d’un monde en mutation, dominé par des industriels prêts à tout pour imposer leur vision. Cependant, le récit ne se contente pas d’une simple rivalité technologique. Il met en scène une opposition entre puissance financière et ingéniosité individuelle.

Cette tension structure toute l’histoire et donne du relief à l’ensemble.

Le scénario de Dominique Latil installe ce conflit avec efficacité, tandis que le dessin de Romain Sordet apporte une énergie constante aux planches.

Une course transaméricaine comme théâtre des ambitions

À l’aube du XXe siècle, une grande course à travers les États-Unis est organisée afin de départager les géants de l’industrie automobile. Chaque participant engage un prototype, véritable vitrine de son savoir-faire et de ses ambitions.

Pourtant, au milieu de ces mastodontes, un duo inattendu vient bouleverser les règles du jeu. Une inventrice sans ressources et un cascadeur déclassé décident de prendre le départ. Leur présence change immédiatement la dynamique du récit. Ils ne cherchent pas uniquement la victoire, ils défendent une autre manière d’imaginer le progrès.

Ainsi, la bande dessinée steampunk gagne en profondeur. Elle dépasse le simple cadre de la compétition pour explorer une lutte plus large, presque philosophique, autour du futur.

Une filiation assumée avec le cinéma et l’animation

L’une des grandes forces de L’Équipée du siècle réside dans ses références culturelles. L’influence de La Grande Course autour du monde, réalisé par Blake Edwards, se ressent immédiatement. On retrouve ce goût pour les machines extravagantes, les situations excessives et les personnages hauts en couleur.

En parallèle, la bande dessinée évoque aussi la série télévisée d’animation Les Fous du volant. Cette proximité se traduit par une galerie de concurrents marqués et une mise en scène dynamique de la compétition. Pourtant, l’œuvre ne tombe jamais dans la simple imitation. Elle s’approprie ces influences pour construire une identité propre, plus ancrée dans une narration contemporaine.

Une mise en scène visuelle au service de la vitesse

Le grand format de l’album permet au dessin de s’exprimer pleinement. Chaque planche met en avant des mécaniques détaillées et des paysages vastes qui renforcent l’impression de mouvement.

De plus, le trait de Romain Sordet donne une véritable sensation de vitesse. Les scènes de course sont lisibles tout en restant spectaculaires, ce qui maintient un rythme soutenu du début à la fin.

Par conséquent, la lecture devient immersive. Le lecteur ne se contente pas d’observer, il ressent la tension de chaque étape.

Une bande dessinée steampunk qui va au-delà du spectacle

Bien que l’action soit omniprésente, L’Équipée du siècle propose également un fond intéressant. Le récit interroge la place de l’innovation et les dérives possibles d’un progrès contrôlé par quelques puissants.

En revanche, il évite le discours lourd. Les thèmes émergent naturellement à travers les situations et les personnages, ce qui rend l’ensemble accessible sans être simpliste.

Conclusion : une course à ne pas manquer

L’Équipée du siècle réussit à conjuguer aventure, références culturelles et réflexion. Cette bande dessinée steampunk séduit autant par son énergie que par son propos.

Si tu apprécies les univers rétro-futuristes et les récits portés par des outsiders, cette lecture mérite clairement sa place dans ta bibliothèque. Prends le départ et découvre jusqu’où cette course peut t’emmener.

A propos de Franckyfreak 88 Articles
Président d'honneur et co-fondateur de l'association French Steampunk